En me demandant récemment comment intégrer plus de bhakti dans ma vie quotidienne, je me suis sentie un peu honteuse. Cela fait maintenant deux ans que je suis maman à temps plein et on dirait qu’il n’y a juste pas le temps du tout dans ma journée pour pratiquer la bhakti ou faire une quelconque pratique dévotionnelle. J’arrive à peine à prendre 5 min de la journée pour faire une Simple Puja rapide, et cela fait un an que je n’ai pas été capable de lire en paix une page entière de la Gita sans tomber de sommeil.

Y a-t-il d’autres mères ici qui se reconnaissent ?

Auteur : Ananga Manjari Dasi

Voici ce que j’ai appris sur l’incorporation de la bhakti dans une vie de maman occupée durant ces deux dernières années :

  • Relâchez-vous. Il se pourrait bien que vous fassiez déjà plein de choses en lien avec la bhakti dans votre vie de tous les jours.
  1. Prenez des raccourcis pratiques qui incluent des activités de bhakti, comme de laisser vos bambins regarder des kirtans sur Youtube ou de leur chanter un mantra à la place d’une comptine.
  2. Avant tout, pratiquez l’amour-propre.

 

RECONNAÎTRE VOTRE BHAKTI DE TOUS LES JOURS 

 

Ce que j’aimerais que toutes les mamans du monde doutant d’elles-mêmes sachent, c’est que vous vivez déjà la bhakti. En suivant Paramahamsa Vishwananda et Bhakti Marga, vous êtes déjà sur le chemin de la dévotion. Reconnaissez tous ces petits actes de dévotion qui remplissent votre journée, comme de remercier votre guru et de remercier Dieu dans les moments de bonheur, ou de les prier dans les moments difficiles.

Partager vos joies et vos peines avec le guru et Dieu est une expression de bhakti.

J’entends souvent d’autres mamans à Bhakti Marga dire que lorsque leurs enfants se tiennent mal, elles se plaignent intérieurement à Guruji : « Guruji, tu ferais mieux de m’aider parce que je vais perdre patience ! » Personnellement, je sais que je dis souvent cela.

Un jour, j’ai demandé à Guruji dans un cadre privé pourquoi certains bébés à Bhakti Marga sont si difficiles. Il a répondu de façon assez sérieuse : « Parce qu’ils ont en eux-mêmes un aspect de Krishna. »

N’est-il pas merveilleux d’élever des petits dévots qui portent un peu de Krishna en eux ?

 

LA PRESSION D’ÊTRE UNE « BONNE » MAMAN BHAKTI MARGA

 

Quand je me vois moi-même et d’autres mamans Bhakti Marga, je vois souvent que nous nous mettons une énorme pression sur nos épaules, comme :

  • Sentir le besoin d’enseigner à nos enfants comment faire la puja, chanter des mantras et des bhajans, et tout le reste en même temps
  • Enseigner à nos enfants comment jouer de l’harmonium, à chanter sur scène ou au temple
  • Garder contact avec tous les autres enfants et mamans de Bhakti Marga
  • Être la parfaite dévote pour pouvoir tenir le rôle du bon exemple pour notre famille 
  • Sentir qu’on se doit d’assister à tous les événements, même à ceux qui sont tard le soir

Il existe une manière simple d’éliminer cette pression et que j’ai apprise du temps de mes premières années avec Guruji : cherchez ce qui vous motive de l’intérieur. Examinez-vous, comme l’a fait Saint Eknath.

Pourquoi poussez-vous vos enfants dans certaines activités de bhakti ? Est-ce pour maintenir le contact avec les autres familles de la communauté ? Est-ce par désir de voir aussi vos enfants chanter sur scène ? Plus important : est-ce quelque chose que votre enfant aime faire ?

Observez-vous attentivement afin de ne pas vous laisser agir par jalousie ou compétition. Si vous ne le faites pas, alors vous pouvez être certaine que Guruji vous le fera remarquer tôt ou tard.

 

PRATIQUER L’AMOUR-PROPRE COMME UN ACTE DE BHAKTI

 

Je me souviens de ma vie de dévote avant de devenir mère. Je regardais des satsangs pendant des heures chaque semaine et je participais au moindre événement local ou en ligne organisé par Bhakti Marga. Ça semble maintenant être un lointain souvenir.

En tant que mère, votre emploi du temps tourne autour de vos enfants et de votre famille. Vous avez à peine le temps pour vous-même, alors ne parlons pas de se faire plaisir à regarder Youtube pendant quelques minutes de répit.

J’ai appris qu’il fallait me satisfaire et remercier pour le peu de temps que j’ai pour faire les activités dévotionnelles que j’avais l’habitude de faire avant de devenir maman. Cela voulait dire être heureuse de regarder les kirtans sur Youtube et laisser mon fils danser dessus, tout en préparant le dîner. Cela voulait dire me sentir satisfaite en m’infiltrant dans un ou deux satsangs pendant l’heure du déjeuner, par-ci par-là. Cela voulait dire avoir de la gratitude de pouvoir lui chanter quelques mantras pour l’aider à s’endormir, parce que c’était une autre manière de pratiquer mon japa dans les moments de creux.

En tant que mère, vous êtes sans arrêt en train de servir, et que cela vous plaise de l’admettre ou pas, il s’agit souvent de service désintéressé. Vous servez vos enfants, votre partenaire, votre foyer, votre belle-famille, vos parents, et aussi vos déités. Il se pourrait que vous ne puissiez plus servir à un seul endroit avec la profondeur dont vous aviez l’habitude auparavant, parce qu’à présent, votre service doit se répandre largement. Et c’est OK. 

 

LE SERVICE MATERNEL

 

Je suis Paramahamsa Vishwananda depuis 2013 et depuis tout ce temps, je n’ai eu qu’un seul entretien avec Lui. C’était le jour où j’ai reçu mon initiation de dévote. Je Lui ai demandé comment je pouvais Le servir. Il a marqué un temps pour y réfléchir une minute et a répondu en deux mots : « Sers, juste sers »

Il ne m’a pas donné l’instruction de Le servir comme enseignante de Yoga & Méditation ou comme un organisateur Bhakti Marga ou de quelque manière en particulier. Maintenant je commence à voir pourquoi.

Je crois qu’Il voulait que je prenne conscience de la manière de servir dans les activités les plus matérielles. Il voulait que je vois que changer les couches de mon enfant pendant qu’il se bat avec moi comme un combattant d’arts martiaux multi-catégories, c’est servir. Il voulait que je m’implique dans le simple acte de faire un café du matin à mon mari avec l’attitude du service. Il voulait que je reconnaisse que même écrire cet article de blog est une manière de Le servir et d’avoir de la gratitude pour ces petites opportunités de servir.

Dans la Bhagavad Gita, Krishna a dit que nous avons un droit sur notre travail, mais pas sur les fruits de notre travail. Même si Krishna dit cela dans la section de la Gita qui parle de karma-yoga, je crois qu’Il parle en fait de bhakti-yoga. Changer cette couche est une récompense en soi, comme l’est de préparer ce café, et d’écrire ce post, parce que nous le faisons par amour.

Dans ces infimes moments de service quotidien se cachent de purs moments de bhakti

L’amour arrive à l’improviste lorsque nous nous investissons dans un dur travail et quand nous pratiquons un inébranlable dévouement. La bhakti est une expression de cet amour. Mamans et papas du monde entier, permettons-nous de reconnaître tous ces nombreux petits moments de service comme étant de la bhakti, de remercier le guru et Dieu pour ceux-ci, et de prendre plaisir au travail de l’amour.