QUESTIONS/RÉPONSES EN DIRECT DE VRINDAVAN,
À L’ASHRAM SHREE GIRIDHAR DHAM,

28 MARS 2020

Dans le Satsang d’aujourd’hui retransmis en direct, Paramahamsa Vishwananda a répondu à des questions sur la façon de faire face à la négativité qui apparaît, le but suprême, le partage des expériences avec le Maître et le lien profond qui existe entre le dévot et le Maître. 

 

Jai Gurudev, tout le monde !

En fait, aujourd’hui je suis un peu … Je ne dirais pas triste, mais je ne trouve pas d’autres mots pour le dire. Comme je le disais avant le japam, une de mes plus chères dévotes, l’une des plus anciennes qui est avec moi depuis que j’ai 16 ou 17 ans, s’en est allée dans la demeure éternelle de Sriman Narayana. Elle et sa famille étaient venues me voir à l’Île Maurice et depuis toutes ces années, nous sommes ensemble.  

Vous voyez, c’était une âme merveilleuse. Quand je suis venu en Europe… une petite anecdote à ce sujet… quand je suis venu en Europe, elle était là à chaque fois pour moi. Il fut un temps où je n’avais pas d’endroit où aller, et elle et sa famille m’ont chaleureusement accueilli chez eux, et quand j’ai fait mes études à Paris également. Dans les situations où tout le monde vous tournent le dos – où les gens qui disaient vous aimer disparaissaient comme ça – elle et sa famille étaient toujours là. Je suis allé lui rendre visite il n’y a pas longtemps pendant sa maladie. Et hier, en lui parlant, elle m’a dit : ‘Promets-moi que tu seras là’. Elle voulait partir dans la paix, le calme, sans aucune souffrance, et Dieu le lui a donné.

Vous voyez, cela nous fait prendre conscience de la gratitude que nous devons avoir. Nous ne devons pas être reconnaissants uniquement lorsque quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous. Dans la vie, il y a beaucoup de gens autour de vous et certains vous aimeront tandis d’autres ne vous aimeront pas. Vous n’avez pas besoin de perdre votre temps avec des gens qui ne vous aiment pas et qui ne se préoccupent pas de vous. Pourquoi perdre votre temps à essayer de convaincre quelqu’un qu’il a tort ? Ça ne changera jamais rien, alors soyez vous-même et appréciez ce que vous êtes. La vie est si limitée. Je parle ici, dans ce monde matériel lui-même : vous avez été envoyé ici pour être heureux, pour vous réaliser et pour apprécier vraiment le cadeau que Dieu vous a donné.

C’est drôle, tout à l’heure j’étais assis avec Swami Paranthapa et je m’analysais ; je disais à Swami Paranthapa que c’est étrange : vous voyez, même si tout à l’heure j’ai utilisé le mot ’triste’, je ne ressens pas vraiment de tristesse. Mais il y a certains souvenirs, surtout des souvenirs de chaque moment de ma vie depuis mes 16, 17 ans quand je les ai rencontrés… Donc vraiment, ce lien, cette amitié étaient forts. Bien sûr, cela continue mais c’est différent. Et c’est ce lien qui est vraiment touchant.

 

1. Lorsque nous parcourons notre cheminement spirituel et passons par nos processus, la négativité ressort mais je ne sais pas quoi en faire. En général, je m’accroche plus à Krishna dans ces moments-là au lieu d’affronter la négativité. Quelle est la meilleure façon de faire ?

Vous voyez, c’est évident qu’en vous engageant sur votre chemin spirituel, les négativités s’éveillent ; c’est pour que vous puissiez les transcender. Dans la vie, les gens ne veulent pas faire face à leur négativité, ils préfèrent la mettre sous le tapis et faire semblant d’être parfaits. Alors, que font-ils ? Ils contournent ou essaient d’éviter alors qu’en réalité, pourquoi pensez-vous que la négativité surgit ? Pour que vous puissiez la regarder en face. Il ne s’agit pas de devoir vous identifier à votre négativité car elle n’est pas vous ; vous êtes au-delà de cette négativité et vous êtes même au-delà de votre positivité. Alors vous identifier à elle ne fera que vous rendre négatif. Mais le fait d’en être conscient vous fera traverser cette épreuve avec compréhension. Ainsi, vous n’avez pas besoin de fuir votre négativité ni de vous fouetter en disant ‘je suis un pécheur, je suis mauvais’ ; ça ne changera pas la négativité que vous avez à l’intérieur.

Le moment où vous en êtes conscient – et ça c’est un point très important, car très souvent les gens ne sont pas conscients de leur négativité, ou bien s’ils le sont, ils ne veulent pas la regarder, mais non, soyez forts ! – faites-lui face et regardez-la, traversez-la tout en sachant que Dieu et le Maître sont avec vous, qu’ils vous portent. Ils ne vous laisseront jamais seul dans cette situation, mais encore une fois, vous n’avez pas besoin de vous identifier à la négativité. Et aussi, sachez que sur le chemin spirituel, c’est tout à fait naturel que cette négativité refasse surface ou s’éveille à nouveau, parce que vous voyez, c’est comme l’histoire du barattage de l’océan. Quand l’océan a été baratté par les devas et les asuras, c’est comme l’esprit et le cœur qui sont remués, vous voyez ? Ce que vous ressentez à l’intérieur et ce que votre mental vous dit, ça va dans deux directions opposées, non ?

Qu’est-ce qui sort en premier de ce brassage de l’océan ? Vous le verrez dans la Bhagavatam, c’est le halahala : le poison. S’éveillant en premier lieu, il faut que vous l’offriez. Comme vous l’avez dit vous-même, vous l’offrez à Krishna. Dans le barattage de l’océan, c’est Seigneur Shiva qui a bu et l’a gardé. Mais quand vous offrez quelque chose à quelqu’un, ce n’est plus à vous. Vous devez comprendre qu’une fois que vous offrez quelque chose, au moment où la chose a quitté votre main, ce n’est plus à vous. Vous ne pouvez pas dire ‘je vous offre ceci’ en vous y accrochant toujours.

J’ai rencontré beaucoup de gens dans la vie qui viennent vous donner quelque chose parce qu’ils vous aiment bien, mais plus tard ils reviennent vers vous : ‘rends-moi ce que je t’ai donné’. Pour sûr, tout le monde a ce genre de personnes dans sa vie. Est-ce vraiment offrir ? Est-ce vraiment donner quelque chose ? Non. Quand vous donnez, ce n’est plus à vous. Alors comprenez bien que lorsque vous dites offrir la négativité à Krishna, vous la mettez à Ses Pieds et à ce moment-là, elle n’est plus à vous. Vous lui avez donné, oubliez-la ; il ne s’agit pas là de faire comme si vous appuyiez sur un bouton qui vous faisait tout oublier. Non, ça prendra le temps nécessaire ; ça refera surface, mais vous devez vous rappeler que vous l’avez placé aux Pieds de Krishna, vous la Lui avez donnée et ce n’est pas à vous de vous en occuper, ça ne vous appartient plus. Vous en tant que dévot, en tant que son serviteur, vous faites confiance à votre Maître, non ? Alors si vous avez confiance, le Maître s’occupera de vous comme il s’occupe de tout le monde. Mais si vous continuez à vous accrocher, ce sera difficile pour vous.

Ma mère avait une tante. Je raconte toujours cette histoire parce que c’est vraiment drôle. Cette tante était comme ça : tu allais la voir… bien sûr, quand on va chez quelqu’un, ce n’est jamais les mains vides, on apporte toujours un cadeau, quelque chose, un bouquet de fleurs ou du chocolat, peu importe. La tante disait toujours : ’pourquoi t’es-tu donné la peine d’apporter ce cadeau’, mais elle tendait les mains et en le prenant [Guruji fait le geste en montrant qu’elle s’y agrippe de toutes ses forces], elle disait : ‘tu n’aurais rien dû apporter.’

Et vous voyez, chaque fois que vous offrez à Krishna, vous faites aussi quelque chose de similaire : vous lui offrez en disant ‘tiens, s’il Te plaît Bhagavan, prends-le’. Mais vous vous y accrochez, vous ne Lui donnez pas tout à fait. Alors quand vous l’avez offert à Krishna, arrêtez de vous y accrocher, Il sait comment gérer et il sait comment s’en occuper.

Vous voyez, très souvent nous pensons savoir mieux que quiconque, notre nature est comme ça. Donc quand cette négativité refait surface, quand elle s’éveille, c’est un rappel que vous n’êtes pas parfait. Vous avez toujours envie de perfection, vous aspirez toujours à la perfection et c’est un beau processus d’apprentissage, ce n’est pas une mauvaise chose. Alors traversez-la et sachez que le Maître et Dieu sont à vos côtés.

 

2. Parfois, Vous nous avez conseillez de chercher à connaître notre vrai moi, d’autres fois de devenir Dieu réalisé et d’être digne d’une vision de Dieu comme Arjuna a pu le faire. D’autres fois, j’ai compris que le but le plus élevé est de servir le Maître et Dieu éternellement. Je sais que rien de tout cela n’est possible sans Votre grâce, mais si nous prions pour cette grâce, pour quoi devrions-nous prier ? Quel est, en fait, le but le plus élevé dans la vie ?

Vous voyez, quand vous allez chez un médecin, et je parle d’un bon médecin, pour le même genre de symptômes, il vous donnera un médicament différent à chacun. Par exemple, si vous allez chez un médecin ayurvédique, il vérifiera votre pouls. Vous pouvez avoir le même symptôme, une fièvre (comme là maintenant où tout le monde a de la fièvre, de la toux, etc.), mais un bon médecin ne donnera pas le même médicament à tous, parce qu’il n’a pas seulement appris dans les livres, il a aussi appris que chaque personne est particulière. En raison de cette individualité de la personnalité de chacun, même sur l’échelle de la spiritualité, chacun ne se trouve pas au même niveau. Chacun comprend un niveau différent ; on aura une compréhension différente selon où on se situe. Ainsi, le médecin donnera un certain remède en fonction de la physionomie et de la singularité de la personne.

De la même manière, les Maîtres donnent des conseils différents selon les personnes. Pour ceux qui sont vraiment avancés, il leur dira de servir directement Bhagavan. Pour ceux qui n’en sont pas encore là, le Maître leur donnera une sadhana différente. Mais pour ceux qui aspirent vraiment à la grâce de Dieu, il leur donnera la sadhana pour leur permettre de s’abandonner au Maître. Ceux qui veulent vraiment être humbles doivent savoir que le service au Maître est le service ultime et par celui-ci, ils atteindront la grâce de Dieu. Mais ils doivent apprendre à écouter le Maître.

Dans l’un des versets du Ramayana que nous chantions hier, Goswami Tulsidas a dit : ‘Bénis ces yeux qui ont vu le saint’. Il n’a pas dit ‘bénis ces yeux qui ont vu Dieu’, non ; et ce parce que sans avoir la grâce de voir les saints, sans avoir la grâce de voir le Maître, on n’aura pas cette grâce de voir Dieu. Dans votre question, vous demandez ‘quel est le but le plus élevé ?’ À mon avis, c’est d’abord le service au Maître car c’est le Maître qui vous guidera vers Dieu. Et si ce n’est pas le cas, c’est que ce n’est pas le bon Maître car le Maître doit vous guider vers une seule réalité ultime : les Pieds du Seigneur Lui-même. Ainsi, les trois services cités dans votre question sont similaires, mais tout commence d’abord par le service au Maître.

 

3. Récemment, au cours du pèlerinage, vous nous avez encouragés à partager nos histoires et nos expériences. C’est l’une des choses les plus merveilleuses et inspirantes, mais certaines personnes ont l’impression que c’est quelque chose de très intime et elles veulent le garder pour elles, d’autres disent même qu’ils se sentent un peu vides après les avoir partagées parce que ceux qui les entendent vont être jaloux ou projeter des choses sur eux. Alors, y a-t-il quelque chose qui devrait rester entre le dévot et le Maître ? Comment savoir si nous devrions partager, et avec qui ?

C’est vrai, il y a certaines expériences personnelles que l’on chérit pour soi-même, toutes les expériences ne doivent pas être partagées. Certaines sont personnelles, c’est entre vous et le Maître. Et entre vous et le Maître, c’est votre relation personnelle. Ce n’est pas à partager. Mais si vous avez vécu une certaine expérience dont vous pensez qu’elle peut inspirer les autres, alors il est important de la partager. Si cette expérience a particulièrement changé votre vie et qu’elle vous a transformé, alors il est important de la partager avec les autres. Cela peut inspirer un changement chez d’autres personnes.

Si votre expérience est personnelle, elle vous appartient et vous n’avez pas nécessairement à la partager, si vous n’en avez pas envie alors ne le faites pas. Si ce que vous avez vécu est une expérience incroyable, qui vous rend heureux de sentir ‘oui, ça a changé ma vie’, alors bien sûr, partagez-la librement.

Une chose, c’est que très souvent, les gens pensent ‘j’ai partagé mon expérience et je me sens vide maintenant.’ Mais ce n’est pas vrai car si vous partagiez réellement, cela vous rendrait plus fort. Cela ne peut pas vous rendre plus faible. Dieu vous donne une expérience pour qu’elle puisse aussi inspirer les autres. Mais vous devez d’abord l’analyser en vous et ce quelle a fait dans votre vie, ce qu’elle a changé ; est-ce que ce serait une inspiration pour les autres ou pas ? Faites ce que vous ressentez en vous, car personne ne vous oblige à partager cette expérience pour que les autres l’entendent. Personne ne force personne à partager.

 

4. Pardonnez la question si elle n’est pas appropriée. Nous aimerions savoir comment Vous Vous sentez lorsque nous Vous faisons le puja, lorsque nous Vous parlons, lorsque nous Vous offrons de la nourriture ou lorsque nous chantons pour Vous ? Est-ce que Vous le ressentez et l’appréciez comme nous ?

Vous savez… Ça me fait rire, parce qu’il y a quelques années, j’ai dû arrêter un dévot d’offrir du prasad dans le temple parce que je grossissais de plus en plus. Vous voyez, les gens qui m’entourent savent très bien que je ne mange pas beaucoup, mais malgré cela, je grossissais toujours un peu. J’ai dû arrêter le dévot qui devenait de plus en plus heureux, en lui disant : ‘s’il te plaît, arrête d’offrir ce prasad tous les jours comme ça. Ce n’est pas sain pour moi.’

Vous voyez cette joie que vous éprouvez lorsque vous pratiquez votre sadhana et votre prière ? Je la ressens, je le sais, parce qu’à ce moment-là, spirituellement, je suis avec vous. Nous partageons cette expérience, et celle-ci ne date pas de seulement maintenant mais elle l’est depuis de nombreuses vies.

Il y a une belle histoire, celle du roi Virasindhu. C’était un grand dévot du Seigneur Shiva. Il avait un tel bhav quand il priait et faisait sa sadhana qu’il excellait en tant que dévot et qu’il grandissait en spiritualité. Mais dans une de ses vies antérieures, il n’avait pas atteint cette grâce du Seigneur Shiva, alors dans sa vie suivante, il est né de nouveau dans un royaume, Kalinga je crois. Alors lorsque le moment est venu pour lui d’être couronné roi, un certain sentiment s’est éveillé en lui : il n’était pas heureux, il voyait toute la futilité de ce monde et ne se sentait pas heureux alors il a dit : ‘en tant que roi, j’ai tout, mais je n’ai pas ce bonheur. Pourquoi ?’ Il a commencé à réfléchir.

Tandis qu’il réfléchissait, les samskaras des vies antérieures se sont éveillés en lui et il commença à se rappeler ‘je dois avoir quelque chose de plus profond en moi, je dois chercher un Maître, je dois chercher le Maître parfait qui me donnera cette illumination.’ Il l’a donc annoncé dans son royaume et tous les saints, les sages, les sadhus, tout le monde est venu lui donner un certain mantra. Certains lui donnaient le mantra Taraka, d’autres le mantra Ashtaka, d’autres encore le mantra Panchadaksha ou ‘Om Nama Shivaya’, ‘Om Namo Narayanaya’, mais rien ne touchait ou transformait son cœur. Il était donc tellement en colère qu’il a emprisonné tous les sadhus et les saints parce que rien ne le touchait à l’intérieur. Tous ces mantras auxquels il avait été initié dans une vie antérieure et avec lesquels il avait déjà fait des sadhanas, aucun ne lui a pas permis d’atteindre l’endroit où il devait être. C’est alors que le Seigneur Shiva lui-même a décidé de venir.

Le Seigneur Shiva s’est déguisé en coolie, en porteur. Lorsqu’il est entré dans le royaume du roi Virasindhu, il se trouvait dans la salle où le roi donne son audience et il se tenait là au milieu, et regardant le roi, il n’a dit qu’une chose : ‘Arrête’ ! Il a juste dit ’arrête’ an levant la main, et il a disparu.

À ce moment précis, quelque chose s’est passé à l’intérieur du roi. Il a compris ce que le porteur voulait dire par ‘arrête’ ; il a alors reconnu que c’était le Seigneur Lui-même qui était venu lui rappeler ce qu’il cherchait. À ce moment-là, il a compris que le mot ‘arrête’ signifiait arrêter ce mental de singe, ce mental qui saute partout ; ce mental doit s’arrêter. Alors assis sur son siège, il a fermé les yeux et est instantanément entré en Nirvikalpa Samadhi ; et il est resté dans cet état.

Les ministres et les gens attendaient qu’il en sorte, mais il restait comme ça ; le mental s’était arrêté. Et quand le mental s’arrête, la béatitude s’éveille ; la béatitude de la conscience et du Soi s’est réveillée en lui. Alors, il est resté dans cette béatitude, profitant de cet état de Nirvikalpa Samadhi. Autour de lui, ils attendaient et attendaient, les heures passaient et le roi ne sortait pas de cet état ; puis les jours, les semaines passaient et il était toujours dans le même état. Alors, le ministre a décidé que c’était à eux de diriger le royaume ; ils ont pris la bague de seau royal à son doigt et ont poursuivis les activités quotidiennes du royaume, sous le sceau du roi. Pendant six ans, le roi restait assis sur son simhasan en Nirvikalpa Samadhi, dans cet état de béatitude.

Après six ans, il est sorti mais était toujours dans cet état de béatitude. La première chose qu’il a dite a été : ‘Où est mon Maître ?’

Puis le ministre est venu et a répondu : ‘Au moment où ce coolie a levé la main et a dit ‘arrête’, il a disparu et vous êtes entré en Nirvikalpa Samadhi, vous êtes entré dans cet état.

Le roi demanda : ‘Depuis combien de temps ?’

Le ministre a dit : ‘Six ans !’

Pour lui, ces six années n’ont été que quelques secondes. Lorsqu’il a réalisé cela, il a dit : ‘Prenez ce sceau, ce sera mon représentant. Quand le bon moment viendra, donnez-le au bon roi, mais moi, je me retire dans la forêt pour profiter éternellement de cette béatitude.’

Ainsi, lorsque vous faites votre sadhana, vous devez être pleinement absorbé en sachant que le Maître et Dieu sont avec vous. Il ne s’agit pas d’une simple prière. Vous savez, le Maître sait quand vous priez. Comme je l’ai dit dans le satsang précédent, où que vous soyez, nous sommes connectés spirituellement, nous sommes connectés dans nos cœurs et dans cette relation d’amour. Ce n’est pas une relation qui date seulement d’aujourd’hui mais c’est une longue relation ; notre Atma est en relation profonde.

Je vous ai parlé tout à l’heure de cette dévote [qui est décédée]. Ce n’est pas une coïncidence, ce n’est pas juste comme ça si vous êtes avec quelqu’un pendant 24 ou 25 ans, c’est une relation qui dépasse le temps et l’espace. C’est aussi une relation qui se poursuit. Très souvent, le doute surgit dans l’esprit des gens mais qu’est-ce qui est le plus important ? Ce doute ou cette transformation ? J’ai vu cette transformation chez les gens, chez des personnes qui me sont chères et sincères. C’est quelque chose de très important : il faut s’interroger sur cette sincérité. Car ce n’est que lorsque vous aurez ce désir sincère que vous percevrez la relation.

Avec ce dévot [du Kenya] à qui j’ai dit d’arrêter d’offrir de la nourriture… c’est une relation très spéciale, il m’a demandé une fois : ‘s’il Te plaît Guruji, vient chez moi.’ Je n’étais pas au Kenya à ce moment-là mais en Europe. J’ai répondu : ‘oui, je viendrai ce jour-là’. Il se demandait : ‘d’accord, mais comment va-t-Il venir ?’ Il s’est donc passé quelque chose dans sa maison : je lui avais donné les pantoufles que je portais la première fois que je suis allé au Kenya et il les a mises dans sa salle de prière. De l’eau a commencé à suinter de ces pantoufles. Et il y avait tellement d’eau, il y en avait partout ! Je pense qu’il y a une photo de ça. Donc vous voyez, pour lui c’était clair que j’étais là, et je suis venu, il a eu un signe.

De la même manière, beaucoup de dévots ont de nombreux signes dans leur vie. Ça ne doit pas être les mêmes pour tous car le signe le plus important, c’est qu’il n’y a pas de signe extérieur ; le mieux c’est que vous sachiez en vous que nous sommes en communication constante, que nous sommes toujours en relation l’un avec l’autre. Le Maître et le bhakta ne peuvent pas être séparés. Vous pouvez être séparé de votre mère, de votre père, de votre frère, de votre sœur, vous pouvez être séparé de tout le monde, de chacun, mais si vous comprenez bien cette relation avec le Maître, vous verrez qu’une fois que vous avez pris refuge, vous ne pouvez pas être séparé de lui. Vous pouvez partir, vous pouvez quitter le Maître et en chercher un autre, vous pouvez aller sur un autre chemin, devenir négatif et disparaître, mais la relation que le Maître a avec vous, si c’est un vrai Maître, celui-ci ne rompt jamais cette relation.

Ainsi, là où se trouve le dévot, se trouve le Maître. Comme à la fin de la Bhagavad Gita, quelle est la prière qu’ils disent ? Là où se trouve Krishna le conducteur de char, là où se trouve Arjuna l’archer, se trouvent la prospérité, le bonheur et la joie. C’est ce que Veda Vyasa a dit, et c’est ma pure conviction. Donc là où se trouve le dévot, le Maître et Dieu sont là avec eux. C’est ma conviction, et je le sais.

Jai Gurudev !