Nous ne devons jamais perdre de vue le but de la connaissance. Nous ne sommes pas là pour nourrir la curiosité de notre mental sans autre objectif, nous ne sommes pas là pour devenir de pompeux lettrés – nous sommes ici pour aimer, faire confiance et s’abandonner au satguru et à Dieu.

Auteur : Swami Revatikaanta

Le pilier appelé svadhyaya a de multiples sens. Il se réfère aussi bien à l’étude de soi, à l’acte d’introspection et d’analyse, qu’à l’étude de la littérature védique. On ne peut suffisamment appuyer l’importance de ce pilier. Pour nous mettre en condition, jetons un œil au onzième verset du Isha Upanishad.

Seul celui qui est à même d’apprendre le processus de l’ignorance parallèlement à celui de la connaissance transcendantale peut transcender l’influence des vies et des morts à répétition, et apprécier les pleines bénédictions de l’immortalité.

Isha Upanishad, verset 11

Le terme ‘ignorance’ est donné comme traduction du terme Sanskrit « avidya », qui signifie l’absence de connaissance spirituelle. Déclarer qu’il est nécessaire d’apprendre le « processus de l’ignorance » fait clairement allusion à une compréhension du monde matériel et de notre soi matériel. Son opposé, vidya, traduit comme connaissance transcendantale, dénote une compréhension du monde spirituel et de notre soi spirituel. Ainsi, ce que nous dit ce verset, c’est que seul celui qui a bien étudié les deux natures de la réalité matérielle et spirituelle, peut atteindre le vrai but spirituel de la vie et transcender cette existence matérielle.

Inutile de dire que le processus de l’étude, de l’introspection et de l’analyse est d’une importance capitale pour nos aspirations spirituelles. Il y a en nous tellement de samskaras, et à l’extérieur tant de distractions qui nous guettent à chaque coin de rue, prêtes à tenter nos sens et nos pensées pour qu’ils s’engagent dans le matériel, que si nous n’en venons pas à observer ces schémas et à apprendre à identifier leurs causes et leurs effets négatifs, il y a peu d’espoir que nous ne soyons pas tôt ou tard détournés de notre chemin. L’auto-analyse régulière et la réflexion sont la solution. Et les trois derniers chapitres de la Bhagavad Gita sont les parfaits compagnons pour ce voyage. Mais bien au-delà de nos propres intérêts quant à nous-mêmes, se trouvent notre aspiration et notre attirance les plus profondes pour la Suprême Réalité, Narayanaya. Connaître notre mental et contrôler nos impulsions finissent en vains efforts s’ils ne sont pas couplés à la soif sincère de se rapprocher de notre bien-aimé Seigneur. Et l’une des manières recommandées par Guruji pour cela est d’étudier les enseignements et les lilas du Seigneur, avant toute chose de la Bhagavad Gita et du Srimad Bhagavatam. En réalité, ne pas se familiariser de façon intime avec la parole et la vie du satguru et de Dieu peut avoir des conséquences très négatives.

Par exemple, j’ai récemment eu la chance de pouvoir travailler sur certains des prochains livres à paraître de Guruji. J’ai trouvé quelques citations choisies que j’aimerais partager avec vous et qui soulignent ce point particulier.

Très souvent, les gens se mettent à fantasmer, à créer des choses dans leur tête, et ils commencent à croire à ces choses. Donc ensuite, cela les rend un peu dingues et ils aiment raconter des histoires aux autres. Alors, s’il vous plaît, faites aussi attention à cela : quelle que soit votre expérience avec le guru intérieur, cela doit être en accord avec ce que dit le guru (extérieur).

Paramahamsa Vishwananda

Comment pourrions-nous espérer éviter le danger de fantasmes intérieurs (ou peut-être de conclusions erronées pour adoucir le terme) si nous ne prenons pas le temps d’apprendre ce qui a été enseigné et dit extérieurement par le satguru et le Seigneur ? Voilà pourquoi Guruji dit : « Il est très important d’étudier et de réellement absorber votre mental et votre intellect dans les enseignements du guru. Sachez quel est le langage du guru, et si votre Soi intérieur parle le même langage, alors écoutez-le. Mais si vous voyez que votre Soi intérieur vous parle un langage différent de celui parlé par le guru, ne l’écoutez pas. C’est le mental qui vous parle. »

Ceci étant dit, je vous laisse sur une citation et un sentiment qui m’ont été maintes fois soulignés depuis que je suis avec Guruji, à Le servir dans le domaine de l’éducation ces dernières années.

« Vous devez avoir des connaissances, et vous devez avoir les bonnes connaissances… Lorsque vous lisez ou écoutez ces Écritures, vous devez réellement plonger dans votre cœur. Laissez ce mental plonger profondément dedans. Alors vous aurez une compréhension différente et une transformation en résultera… C’est bien d’avoir des connaissances, mais si cette connaissance ne vous amène pas à l’abandon, si cette connaissance n’éveille pas cet Amour, si cette connaissance n’éveille pas cette humilité en vous, elle ne sert à rien. »

Quand bien même Guruji nous encourage tous à étudier et à apprendre, nous ne devrions jamais perdre de vue le but de la connaissance. Nous ne sommes pas là pour nourrir la curiosité de notre mental sans autre objectif, nous ne sommes pas là pour devenir de pompeux lettrés – nous sommes ici pour aimer, faire confiance et s’abandonner au satguru et à Dieu. Cela exige de savoir tout autant ce qui n’est PAS censé être compris et poursuivi, que ce qui doit l’être.