Que vous vous efforciez simplement d’être une meilleure personne ou que vous cherchiez à éclaircir vos doutes sur votre chemin et votre raison d’être, il se pourrait que vous vous demandiez encore comment vous y prendre. Pour vous connaître, vous devez être capable de vous considérer sans jugement, d’explorer qui vous êtes à présent, et qui vous avez envie de devenir. C’est là où l’auto-analyse prend un rôle crucial. Effectuée correctement, elle est faite sans se juger et fait grandir la conscience de soi ainsi que la capacité à se transformer de là où l’on en est, à ce que l’on souhaite devenir.

Cela vous maintient focalisé, discipliné, et vigilant. La clé ici, c’est la vigilance. C’est ce dont vous avez besoin sur le chemin spirituel car l’ego et l’orgueil sont très rusés et sournois. Ils sont experts dans l’art de se camoufler. Comme un serpent qui, si vous n’êtes pas vigilant, va sauter et mordre. 

 

Qu’est-ce que l’auto-analyse et Comment arriver à se connaître

L’auto-analyse est une pratique quotidienne structurée qui permet de mieux se comprendre et de participer activement à votre propre croissance et développement. Cela ne prend que cinq minutes. En pratiquant quotidiennement, vous améliorerez votre capacité d’introspection, vous apprendrez à mieux vous connaître, à savoir ce que vous souhaitez changer et comment, et même à développer un gilet de sauvetage contre votre orgueil et votre ego. Bien sûr, la grâce et votre auto-discipline entrent aussi dans l’équation, de même que la qualité de votre auto-analyse. Voici comment réaliser une bonne auto-analyse.

L’auto-analyse se fait en quatre étapes. Nous avons détaillé pour vous chacune d’entre elles ci-dessous.

 

Ayez un but

La première chose à prendre en compte est que votre auto-analyse ne peut être efficace et pertinente que si vous vous fixez un but. Il vous faut un but, et de préférence, un but petit, concret et réalisable.

Un exemple de but terrible serait « Je veux devenir réalisé ». Pourquoi ? Parce qu’il s’agit d’un but dont vous ne connaissez pas le chemin. Vous ne pouvez pas analyser votre journée en disant : « je m’en rapproche ou je m’en éloigne » parce que vous n’en avez aucune idée. Vous ne savez pas comment ça va se produire et vous ne connaissez pas le chemin qui y mène. C’est en essence un but génial à avoir dans la vie, mais pas pour une auto-analyse.

Alors quel serait un bon but à avoir pour une auto-analyse ? C’est quelque chose de tangible, de nature plus petite, et quelque chose que vous pouvez accomplir en moins de temps. Par exemple, peut-être avez-vous envie d’augmenter votre capacité à servir et à vous impliquer dans du service dévotionnel, et votre but est d’y parvenir en devenant un meilleur joueur d’harmonium et en apprenant à chanter pour le Seigneur. C’est l’exemple dont nous allons nous servir pour cette étude de cas.

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Devenez l’observateur

Deuxièmement, après avoir fixé votre but, vous devez devenir l’observateur. Quand vous vous auto-analysez, vous devez entrer dans le rôle de l’observateur car c’est le seul moyen de rester objectif. Autrement, vous allez vous regarder et vous pardonner, vous trouver des excuses, vous juger ou ne pas être honnête envers vous-même lors de votre analyse. Personne n’a envie d’être dur envers soi-même et de vraiment dire ce qui est. Mais quand on en vient à quelqu’un d’autre, là, c’est facile. Si vous faisiez une auto-analyse l’un pour l’autre, ce serait simple.

C’est dingue, mais c’est vrai. Prenez un partenaire, vous analysez ses données, et il analyse les vôtres. Ce serait facile de signaler toutes les fautes, quand il s’est trompé, quand il pourrait faire mieux, etc. Mais si vous essayez d’avoir ce même niveau d’honnêteté envers vous-même, cela ne marche véritablement que d’une seule façon. Et c’est en devenant le grand observateur.

Quand vous adoptez le rôle de l’observateur, que vous vous retirez en disant : aujourd’hui, je vais analyser la journée de la personne X ou Y. Vous vous distancez de la personne qui vit la journée, de la personne qui accomplit l’action. Cela vous permettra d’analyser correctement votre journée, sans biais, de manière honnête et sincère. Voyez-le comme si vous regardiez un film. Comment ça s’est passé pour ce personnage dans le film par rapport au but à atteindre ?

La première étape était de créer un but. Pour notre propos, le but est de devenir un grand joueur d’harmonium. À présent, la deuxième étape est de vous extraire de la position dans laquelle vous êtes et de devenir l’observateur.

 

Le bon filtre pour mesurer votre progrès

Quelle est la troisième étape ? Mesurer votre progrès. Vous ne pouvez pas mesurer en termes de « bon » ou de « mauvais » dans le cadre de votre auto-analyse car « bon » et « mauvais » sont des notions complètement relatives. La meilleure et unique méthode que vous devriez utiliser pour filtrer vos activités du jour et dérouler votre analyse est la suivante : cela m’aide-t-il à atteindre mon but ou pas ? Rien d’autre n’a d’importance et rien d’autre ne compte.

C’est la seule manière garantissant à votre auto-analyse d’être dénuée de jugement et d’auto-critique. Quelque chose que l’on percevrait comme très bon d’ordinaire, peut se révéler contre-productif pour atteindre votre but. Le but dont nous nous sommes servi jusqu’ici était de devenir un bon joueur d’harmonium. Peut-être qu’aujourd’hui vous décidez de méditer deux heures, d’étudier les Écritures encore quelques heures, de faire du seva, et puis de faire votre Babaji Surya Namaskar. Ce sont toutes des choses qu’on dirait bonnes, d’ordinaire. Mais vous aident-elles à atteindre votre but de devenir un bon joueur d’harmonium ? Non. Par conséquent, elles se révèlent infructueuses pour vous aider à atteindre votre but.

Donc « utile » ou « inutile » est le seul filtre dont vous aurez jamais besoin d’utiliser et devriez utiliser. Cela restera toujours objectif par rapport à la situation et adaptable aux circonstances. Et ainsi, la mesure en termes de  « bon » et « mauvais » n’entre pas en ligne de compte.

Si le « bon » et le « mauvais » n’entrent pas en ligne de compte, le jugement non plus. À la place, le jugement devient du discernement. Vous n’avez pas à avoir à vous juger, parce qu’il ne s’agit pas vraiment de vous. Il s’agit du personnage. C’est la personne X. 

Après avoir découvert votre but, vous devenez l’observateur et vous analysez votre état de façon très analytique, froide, presque scientifique. Vous décortiquez la journée, les décisions qui ont été prises et la répartition des heures et activités. Vous savez ce qui était d’ordre compulsif et ce qui ne l’était pas ce jour-là, sachant que les choses non-compulsives sont celles pour lesquelles il y  a eu un choix. Après quoi, vous appliquez le filtre. Les choix que vous avez faits vous aident-ils à atteindre votre but ou pas ?

Prenons l’exemple de devenir un bon joueur d’harmonium. Votre but est clair et vous devenez l’observateur en analysant votre journée. L’un des choix que vous avez fait était de faire du Babaji Surya Namaskar, de faire quelques longues prières supplémentaires ou de la méditation, et d’étudier les Écritures. Ces décisions ne vous ont pas aidé à atteindre votre but, quand bien même celles-ci étaient bénéfiques. Donc vous prenez en note mentalement que demain, au lieu de faire ces choses-là dans le même temps alloué, lorsque le choix se présentera, vous choisirez d’aller jouer de l’harmonium à la place.

 

Lâchez vos attentes

Le tout dernier point est de vous libérer de toute attente quant au fait de véritablement réussir dans ces buts. La réussite n’est pas une faculté humaine. La réussite ne dépend pas des êtres humains. Elle dépend du Seigneur Lui-même. Il est le seul à pouvoir vous accorder la réussite et Il accorde uniquement la réussite à ceux qui l’ont gagnée par l’effort et l’humilité.

Vous voulez atteindre vos buts ? Facile : faites vos efforts et restez humble. Il n’existe pas d’autre moyen pour que Dieu vous accorde la réussite de vos buts.

 

Vous trouver et vous comprendre

Si vous gardez ces buts et n’avez pas plusieurs buts en même temps, vous verrez combien vous pourrez accomplir en peu de temps. C’est la meilleure manière de gérer vos tâches spirituelles. Car en tant que pratiquants spirituels, vous vous rendrez souvent compte que nous essayons d’être bons dans trop de choses différentes à la fois. 

Paramahamsa Vishwananda a dit un jour : « Vous vous efforcez tous trop d’être des saints. » Et c’est ça le truc. Quand on lit la Bhagavad Gita, elle déploie explicitement le chemin pour celui qui souhaite devenir le dévot abandonné du Seigneur. Cela implique, en premier lieu, de devenir un bon être humain et la manière de s’élever pour passer d’un état malade à un état sattvique, ou acquérir les qualités de gentillesse, de bonne conduite, de compréhension éclairée, de pureté et de détachement. 

Comment devenir un meilleur être humain ? La Bhagavad Gita décrit de façon très détaillée les caractéristiques et les traits de caractère du bon être humain, dans la meilleure position pour s’abandonner. Prenez ces qualités, une à une, et essayez de les mettre en application dans votre vie. Prenons par exemple la sincérité. Peut-être l’un de vos buts est-il d’être sincère.

Au final, vous avez fait votre auto-analyse. Avez-vous dit un mensonge aujourd’hui ? Analysez vos mensonges et demandez-vous ce que vous auriez pu faire autrement.

Récapitulons. 

Une bonne auto-analyse est l’un des aspects les plus importants de la vie de tous les jours du pratiquant spirituel. Cela ne prend véritablement que cinq minutes. Vous pouvez prendre plus de temps, mais cinq minutes est tout ce dont vous avez besoin. 

Étape 1 : Identifiez votre but

Forgez-vous un but tangible, petit et applicable afin qu’il soit atteignable. Cela peut être un but à court terme, pas de problème. Cela peut être quelque chose de tangible, comme d’apprendre à jouer d’un instrument, chanter un bhajan ou apprendre à mieux faire la puja. Cela peut aussi être quelque chose de plus abstrait comme d’être plus honnête ou plus ponctuel, surveiller le type de nourriture que vous mangez ou la musique que vous écoutez, d’arrêter de dire des ragots et autres. Ce sont tous des buts viables qui vous aideront à devenir une personne sattvique et à vous préparer à devenir véritablement abandonné. 

Tous les buts que vous pourriez avoir peuvent avoir l’air d’une montagne insurmontable. Ils peuvent avoir l’air écrasants. Divisez-les en petits bouts et prenez-les un par un au lieu d’essayer de vous atteler à tout à la fois.

Étape 2 : Devenir l’observateur

Prenez de la distance face à la situation. Devenez l’observateur. Vous parviendrez à être véritablement sincère dans votre évaluation de la journée seulement si vous faites de vous un observateur. Si vous ne le faites pas, vous allez vous cacher des choses et en enjoliver d’autres. Ne faites pas cette erreur.

Étape 3 : Utilisez le filtre de « utile » ou « inutile »

La troisième étape est de n’utiliser que le filtre de « utile » ou « inutile ». « Bien » et « mauvais » sous-tendent des jugements et ne sont pas un moyen pertinent pour vous auto-analyser. « Utile » ou « inutile » est votre filtre et ne concerne que votre but. Cela écarte l’élément du jugement de votre auto-analyse. Et c’est très efficace pour déterminer les décisions précises que vous avez besoin d’observer et d’ajuster.

Étape 4 : Lâchez les attentes

Ne vous autorisez pas à devenir frustré. Ne vous autorisez pas à vous attendre à certains résultats ou au succès. Vous croyez en ce but, alors recherchez ce but. Faites votre effort, analysez-vous et faites les bons choix de vie pour y arriver ou pour vous mettre en position de recevoir la grâce d’une réussite. Et alors, le Seigneur vous l’accordera si c’est fait pour vous.

Rappelez-vous qu’il ne vous appartient pas de garantir votre propre succès.

La seule chose dont vous avez besoin, c’est de cinq minutes en fin de journée. Si vous pouvez y arriver, l’orgueil et l’arrogance ne pourront jamais prendre racine en vous car vous resterez vigilant.

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