J’ai tendance à penser que, en tant qu’êtres humains, nous voudrions tous être un petit peu meilleurs aujourd’hui que ne l’étions hier. Nous aimerions tous grandir et devenir une personne différente de celle que nous étions il y a cinq ans de cela. La compassion, le respect, l’intégrité, la gentillesse et d’autres encore apparaissent comme des valeurs selon lesquelles vivre, dans les cultures du monde entier. Cependant, nous luttons parfois aussi avec elles – elles peuvent sembler être des concepts abstraits et de belles paroles, douces pour l’oreille. 

Ce qui nous laisse avec cette question – comment devrais-je vivre ma vie précisément ? Selon quelles valeurs ? Comment cela se manifeste-t-il concrètement ? 

Dans l’hindouisme, nous avons le concept de dharma. Terme complexe en soi, vous pouvez penser au dharma comme à une ligne de conduite ou un guide pour vivre dans ce monde. Et tout comme la majorité des orientations données par le panthéon des Écritures hindoues, cela exige quelque peu d’engouement et pas mal de tentatives et d’erreurs mais en définitive, il s’agit surtout de conseils pratiques, quelle que soit votre voie ou affiliation spirituelle. 

Alors commençons…

 

Qu’est-ce que le Dharma ?

Dharma est un terme difficile à traduire de façon juste. Parfois compris comme la droiture ou le devoir, et parfois comme un code de conduite ou comme la religion, le terme signifie littéralement :  « ce qui maintient ». Il est considéré que tout a sa raison d’être dans l’ordre cosmique et le dharma consiste à accomplir cette raison d’être. Mais comme nous le rappelle continuellement le Mahabharata, le dharma est quelque chose de subtil et peut varier selon notre manière de voir les choses. Pour certains hindous, le dharma consiste à remplir les devoirs de la caste à laquelle ils appartiennent, ou leur rôle familial, tandis que pour d’autres, il y est question de cultiver des qualités vertueuses. On peut aussi voir le dharma comme ce qui vous rapproche du but : la libération, moksha

Dans notre contexte, nous considérons le dharma comme les douze piliers ou principes qui nous permettent de vivre de façon dharmique. Avec de la pratique et un peu d’auto-analyse, vous pouvez cultiver une manière de vivre vous permettant de nourrir d’importantes qualités humaines et spirituelles, et de soutenir votre relation au long cours avec le Divin.

 

Les 12 Piliers du Dharma

Quelle que soit votre voie ou affiliation spirituelle, la pratique en conscience des douze piliers du dharma encourage une vie faite de compassion, de gentillesse, d’introspection, et de développement personnel en général. Ci-dessous, je présenterai chacun de ces piliers et comment ceux-ci peuvent s’appliquer dans votre vie.

 

Pureté

Le premier pré-requis du dharma consiste à cultiver un corps pur et sain, et ainsi un esprit pur et sain. Lorsque l’on pense à la pureté, le mental suggère immédiatement différents types d’images : de l’eau limpide coulant en cascade, planchers éclatants de propreté dans une maison, et bien d’autres encore.

S’agit-il du type de pureté dont parlent les anciennes Écritures ? En réalité, oui et non.

Tout d’abord, il nous faut définir les différents domaines dans lesquels s’applique la pureté. Nous, êtres humains, avons à nous préoccuper de deux domaines fondamentaux : l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur.

Du point de vue extérieur, vivre une vie dharmique et pure signifie être propre, prendre sa douche au moins une fois par jour, vivre dans un environnement propre et maintenir son corps pur. Tout ce qui se trouve à l’extérieur se reflète dans notre activité et réalité intérieures, influençant en permanence notre mode de vie et notre expérience du quotidien. La pureté doit être comprise comme une aire qui serait une extension de nous-même d’une certaine manière. De ce fait, même la compagnie avec laquelle nous choisissons de nous entourer devient un choix crucial déterminant si notre expérience intérieure reste propre et pure, ou si elle commence à se laisser entacher par le reflet extérieur. 

Du point de vue intérieur, il s’agit de développer la pureté du mental.

 

Le mental du bhakta est pur. Il s’est purifié lui-même à l’aide de sa pratique du yoga, de son japa, du souvenir constant du Seigneur.

Commentaire de Paramahamsa Vishwananda, Bhagavad Gita, 13.8

 

C’est là que la pratique spirituelle joue un rôle ô combien important dans notre vie à tous. Nous avons besoin de purifier le mental à l’aide de nos pratiques spirituelles, car il s’agit du moyen par lequel entrer en communion avec Dieu. C’est ainsi que nous devrions l’entendre, lorsque nous parlons de pureté intérieure, de pureté de l’esprit. 

Voici quelques autres exemple pour pratiquer la pureté :

  • Babaji Surya Namaskar ou autre activité physique
  • Être végétarien ou vegan
  • Atma Kriya Yoga, japa, ou autre pratique de méditation

 

Adoration

Le pilier suivant est celui d’adorer Dieu au moyen de rituels prescrits dans divers corps de littérature sacrée. L’adoration vous permet de vous oublier et de grandir en humilité.

 

Focalise ton mental sur Moi, sois-Moi dévoué, offre-Moi un culte, prosterne-toi devant Moi. En occupant ton mental de cette manière et en Me considérant comme le but suprême, tu viendras à Moi.

Bhagavad Gita 9.34 

 

L’adoration, c’est de vous prosterner devant quelque chose de plus grand que vous-même, c’est de vous engager pour une cause ou une quête plus importante que vos propres désirs et profits individuels. La vie devient pleine de sens et trouve sa raison d’être quand vous êtes capable de vous dédier à quelque chose de plus grand. 

Le véritable bonheur grandit à partir de cet esprit d’adoration, de cet esprit d’être au service de quelque chose de plus important que la gratification des sens ou que le bonheur fugace de votre mental.

L’adoration peut prendre de nombreuses formes différentes, notamment mais pas seulement :

  • Louanges, Prière, et Méditation – l’adoration du Seigneur commence simplement par passer du temps avec Lui et à Le rechercher en vous-même.
  • Puja – une forme d’adoration rituelle faite par amour pour une déité personnelle.
  • Japa – Le Seigneur nous a donné Son Nom à répéter comme une méthode d’adoration à laquelle nous pouvons nous employer à tout moment. 

 

Austérité

Parmi les 12 piliers du dharma, le pilier de l’austérité semble être celui qui est le plus passé de mode, surtout au sein de la société occidentale, mais pour ceux qui sont sur le chemin spirituel, l’austérité est fondamentale.

Dans la Bhagavad Gita, Krishna déclare que l’austérité est l’une de Ses qualités divines et dans Son commentaire, Paramahamsa Vishwananda établit qu’il s’agit d’une qualité placée par Dieu en chaque être humain. Très souvent dans Ses satsangs, Paramahamsa Vishwananda empresse Ses dévots à se discipliner dans leur tâches spirituelles quotidiennes, telles que la pratique de l’Atma Kriya Yoga, le japa, la puja et la lecture des Écritures saintes. Il nous encourage à devenir de véritables yogis – des yogis sur le chemin de la bhakti. 

La Bhagavad Gita est un manuel de spiritualité concrète incroyable. Au chapitre 17, Krishna explique clairement comment mettre en pratique un concept aussi inhabituel que l’est aujourd’hui l’austérité, dans notre comportement de tous les jours. 

 

Lorsque ces trois formes d’austérité sont pratiquées avec une foi ferme, et sans aucun désir de récompense, elles sont de nature sattvique.

Bhagavad Gita, 17.17

 

En résumé, voilà à quoi cela ressemble :

  • Austérité du corps : être propre, honnête, et se réfréner d’être violent.
  • Austérité du langage : ne pas causer de tort à autrui, déclarer la vérité, parler avec amour et de ce qui est bénéfique.
  • Austérité de l’esprit : être paisible, bienveillant, silencieux et maître de soi-même, avec des pensées pures.

 

Retenue

Après l’austérité, vient le pilier de la retenue. Il s’agit du pilier qui équilibre et contrôle vos désirs et vos comportements, évitant les excès et cultivant l’auto-discipline. 

 

Il ne fait aucun doute que le mental soit chaotique et difficile à dompter, Ô Arjuna. Mais à l’aide d’une pratique régulière et du renoncement, il peut être amené sous contrôle. À mon avis, ce chemin est difficile à prendre pour une personne ayant un mental sans retenue. Néanmoins, on peut l’accomplir à l’aide des moyens appropriés lorsque l’on s’y efforce avec un mental ayant été dompté.

Bhagavad Gita, 6.35-36

 

Ce n’est pas que nous devrions combattre notre mental dans une guerre ouverte. Cela demande quelques petites batailles, c’est certain. Mais ce qui nous permet réellement de nous investir dans une relation d’amour avec Dieu, c’est d’être capable de suffisamment calmer le mental pour pouvoir le rediriger vers quelque chose allant plus loin – vers quelque chose de meilleur, de plus bénéfique, de plus désirable, et de plus satisfaisant. Voilà à quoi peut ressembler la pratique de la retenue :

  • S’efforcer d’agir par devoir plutôt que par désir
  • Rechercher un équilibre dans votre sommeil, votre alimentation, et votre implication avec le monde matériel
  • Faire le choix conscient d’avoir des activités allant dans le sens de votre chemin spirituel plutôt que l’inverse.

 

Étude

Le pilier de l’étude contient des sens multiples. Il se réfère aussi bien à l’étude de soi-même, l’acte d’introspection et d’analyse, qu’à l’étude de la littérature védique. On ne peut exagérer l’importance de ce pilier.

 

Par conséquent, que les shastras fassent autorité pour toi quand il s’agit de déterminer ce qu’il convient de faire et ce qu’il convient de ne pas faire. Ayant connaissance de ce qu’ont déclaré les règles des shastras, il te faut travailler dans ce monde.

Bhagavad Gita 16.24 

 

Le processus de l’étude, l’introspection et l’analyse sont de la plus haute importance pour nos aspirations spirituelles. Nous avons en nous tant de samskaras ; tant de distractions externes nous guettent dans tous les recoins, prêtes à tenter nos sens et notre mental à s’engager dans la matière, que si nous n’en venons pas à observer ces schémas et à apprendre à identifier leurs causes et leurs effets négatifs, il y a peu d’espoir que nous ne soyons détournés un jour ou l’autre de notre chemin.

La solution réside dans l’auto-analyse et la réflexion régulières, et les trois derniers chapitres de la Bhagavad Gita sont de parfaits compagnons de voyage pour cela. Connaître notre mental et contrôler nos impulsions peut aboutir à de vains efforts s’ils ne sont associés à l’envie sincère de nous rapprocher de notre Seigneur bien-aimé. Et l’un des moyens recommandés par Paramahamsa Vishwananda pour cultiver cela est d’étudier les enseignements et les lilas du Seigneur, en tout premier lieu dans la Bhagavad Gita et le Srimad Bhagavatam.

On peut mettre en application la pratique de l’étude avec :

  • L’auto-analyse
  • L’étude régulière des Écritures
  • La méditation ou l’introspection sur votre véritable relation avec le Divin

 

Contentement

La société d’aujourd’hui nous enseigne que satisfaire nos désirs est un pré-requis nécessaire à notre bonheur. Plus nous possédons, plus nous sommes heureux. Cependant, le contentement arrive non pas lorsque nous satisfaisons nos désirs, mais lorsque nous acceptons et avons de la gratitude pour ce que nous avons déjà.

Lorsqu’un homme bannit, Ô Partha, tout désir du mental, et se satisfait dans le Soi en vertu de la joie intrinsèque du Soi, alors il est considéré comme établi dans la sagesse. Bhagavad Gītā 2.55 

L’une des meilleures pratiques aidant à cultiver le contentement est la gratitude.  La gratitude consiste à se focaliser à trouver le bonheur dans ce que vous avez sur le moment, plutôt que de vous focaliser sur ce dont vous manquez ou d’anticiper le bonheur que vous pourriez avoir à acquérir davantage. Devenez reconnaissant pour les personnes qui sont proches de vous, votre famille et vos amis, reconnaissant pour le travail que vous avez à présent, la maison dans laquelle vous vivez, pour votre santé, pour vos possessions, et reconnaissant pour la sagesse et les pratiques de notre spiritualité. Devenez content de la vie que vous menez.

Le contentement peut se pratiquer avec :

  1. Auto-analyse et introspection
  2. Développer une pratique de la gratitude
  3. Quand vous vous surprenez à vous focaliser sur ce qu’il vous manque, essayez de tourner vos pensées vers l’appréciation de ce que vous avez déjà

 

Non-violence

Tandis que les autres piliers pourraient ne pas être si communément connus, le pilier de la non-violence (ou ahimsa) est proéminent en Occident. Il est souvent mal compris, comme un état d’être idéaliste et rigide, plutôt que comme le chemin du moindre mal possible. Jusqu’à temps d’être réalisés, la véritable et totale non-violence est impossible. Chacun d’entre nous est capable de commettre des erreurs pouvant causer du tort, aussi bien intentionnellement que sans le faire exprès. Pour nous qui sommes encore en chemin, le pilier de la non-violence consiste à nous dévouer à vivre notre vie avec compassion et générosité, minimisant au maximum tout mal que nous pourrions causer.  

 

L’Éternel Devoir que nous avons envers toutes les créatures est l’absence de malveillance envers elles en pensées, en actes ou en paroles, et de pratiquer la compassion et la générosité envers elles.

Mahabharata 3.297.35

 

Ce principe s’appuie sur la compréhension que le Soi est connecté dans tous les êtres, tirant son origine et sa vie d’une même source. Dans cette optique, la pratique de la non-violence consiste à s’efforcer de vivre sa vie en s’abstenant de causer du tort à tout autre être ou à tout autre partie de la création, que ce soit par la parole, l’action ou la pensée.

Il est important de noter que lorsque nous parlons de non-violence, cela s’applique aussi à vous-même. Si votre non-violence ou votre compassion ne va pas jusqu’à vous inclure vous-même, alors votre non-violence est incomplète.

Bien qu’il existe des moyens innombrables de pratiquer la non-violence, en voici trois pour commencer :

  1. Véganisme/Végétarisme
  2. Mode de vie écologique/développement durable
  3. Cultiver la gratitude, la générosité, la compassion grâce à l’auto-analyse et l’introspection

 

Vérité

La pratique de la vérité dans la parole peut être entendue de trois façons différentes. D’abord, il s’agit de dire la vérité seulement si cela profite à la situation, et non pour causer des préjudices de façon injustifiée. Même si elles sont énoncées avec l’intention d’améliorer la situation, les vérités déplaisantes ne devraient pas être dites. Cependant, quand elle est énoncée, non pas pour le bien de celui qui l’écoute, mais pour blesser ou rabaisser la personne, il faut se retenir de dire la vérité. 

Deuxièmement, il est important de comprendre la différence entre vérité subjective et vérité objective. Faits et opinions sont deux choses différentes, dont les valeurs et les mises en pratique diffèrent et ne devraient jamais être confondues. 

Enfin, il s’agit de distinguer une compréhension plus profonde du principe de vérité, et donc de le prioriser, entre ce qui est réel (vrai, permanent) et ce qui est irréel (faux, impermanent).

Tout le monde prétend détenir la seule et unique vérité ; et pourtant, il est remarquable de constater qu’il existe des milliards de personnes déambulant sur cette terre qui sont incapables de voir la vérité, disons, du christianisme, ou de l’islam, ou même de la vérité que nous revendiquons nous-mêmes : celle de la divinité de Paramahamsa Vishwananda. Et donc, il est facile de se demander quelles sont les raisons possibles de tout cela.

 

Un Maître spirituel devrait être approché avec obédience, une importante recherche et avec service. De telles âmes réalisées peuvent instruire autrui, car elles ont vu la Vérité.

Bhagavad Gita 4.34

 

De façon ironique, la Vérité Suprême nous « ment », en dissimulant Sa véritable nature. Mais pourquoi ? Paramahamsa Vishwananda nous enseigne que le Seigneur testera notre sincérité avant de Se révéler à nous. La « Vérité » nous demande d’être sincère avant de s’offrir à nous en cadeau, cadeau qui lavera notre être de tout mensonge, de toute illusion et de toute mésinterprétation. On en arrive ainsi à l’expression la plus concrète et plausible de vérité que nous, êtres humains, pouvons mobiliser : la sincérité.

Sincérité et vérité sont à la fois semblables et différentes, paradoxalement.  La vérité est difficile à saisir, mais la sincérité est à la fois simple et contient sa propre évidence. Cela en revient à l’authenticité avec laquelle vous vivez votre vie et poursuivez votre chemin. 

Au sein du système du dharma, le pilier de la vérité commence par reconnaître les limitations du mental humain et du corps, notre propension à présenter des opinions comme des faits et notre tendance à débattre indéfiniment à la poursuite d’une soi-disant vérité. Une fois rejetées ces tentatives infructueuses, notre meilleure option pour mettre la pratique de la vérité en application dans notre façon de vivre est de nous efforcer uniquement à la sincérité. À quel point sommes-nous sincères dans notre désir de réaliser Dieu ? De vivre avec amour ? De trouver notre manière, notre voie, et notre raison d’être ?

Et c’est au cœur de cette sincérité, que Dieu nous révélera la Vérité.

Comment pratiquer le pilier de la vérité :

  1. Prendre refuge auprès d’un Maître qui connaît la Vérité ultime
  2. Être sincère aussi bien dans vos actes que dans vos propos
  3. Pratiquer la méditation et découvrir la Vérité intérieure

 

Générosité

La générosité pourrait paraître un pilier simple et plutôt évident mais elle a deux significations. Premièrement, la générosité peut être vue comme la charité, ou l’accomplissement d’œuvres sociales au bénéfice de la société dans son ensemble. Nous partageons tout ce que nous avons en excès. Mais même cela demande un état d’esprit particulier. Être généreux implique de ne pas être attaché à ce que l’on donne. En d’autres termes, donnez puis passez à autre chose. 

 

La charité dispensée par sens du devoir, sans qu’il ne soit rien donné en retour, au bon endroit et au bon moment, à une personne qui la mérite – est ce que l’on appelle sattvique.

Bhagavad Gita 17.20 

 

La deuxième manière d’envisager la générosité est au travers du concept de « abhaya pradanam » qui consiste à vivre de manière à ne pas causer de peur à un quelconque être vivant. La personne dharmique s’efforce d’être un cadeau pour le monde plutôt qu’un fardeau. Tous nos actes sont faits dans le but de « loka sangraha » – au bénéfice du monde entier.

Pratiquer la générosité pourrait ressembler à cela :

  1. Faire la charité ou des œuvres à caractère social au bénéfice de la société (tout en s’efforçant de rester détaché du résultat)
  2. Cultiver la non-violence en pensée, en parole et en acte.
  3. Chercher constamment des manières de se mettre au service des gens et du monde qui vous entourent.

 

Ne pas voler

Ce pilier semble assez clair de lui-même. Et c’est le cas en apparence. En essence, il s’agit de « ne pas prendre ce qui ne vous appartient pas ».  L’acte de dérober crée des attachements qui par la suite vous retiennent dans ce monde et vous éloignent du but ultime de réaliser Dieu.

Celui qui ne fait que prendre devient très avide. Il est tel le voleur qui ne fait que voler, voler, voler, et dans cet état-là, l’attachement, l’avidité etc. s’éveillent et l’on se perd soi-même. On n’a plus alors aucun bon mérite. On n’est plus capable de se libérer.
Commentaire de Paramahamsa Vishwananda, Bhagavad Gita , 3.12 

 

Mais si vous allez un petit peu plus loin dans la raison qui ferait que ne pas voler se trouve dans la liste des principes vous guidant pour mener votre vie, vous verrez que cela implique un état d’esprit fait d’acceptation et d’absence de jalousie. Commencez à voir que tout ce qui vous parvient comme tout ce qui ne vous parvient pas dépend de la volonté de Dieu et est exactement ce dont vous avez besoin. 

Cultivez la pratique de ne pas voler :

  1. Cultiver un état d’esprit de gratitude et d’acceptation par l’introspection et l’auto-analyse régulières
  2. Vivre selon vos moyens
  3. Vous réfréner de prendre ce qui ne vous appartient pas

 

Pardon

Le principe de pardon va main dans la main avec celui de non-violence. Ils partagent une même compréhension que Dieu se trouve en chaque être et qu’ainsi, tous les êtres sont connectés. Tant que nous ne sommes pas réalisés et que notre mental et notre ego sont encore actifs, nous sommes contraints à faire des erreurs et même à faire du mal. C’est inévitable. Vous le ferez. Je le ferai. Tout le monde autour de nous le fera.

Le pardon vous permet de vous libérer. En ne pardonnant pas à quelqu’un qui vous a fait du mal, vous vous faites plus de mal à vous-même que vous ne lui en faites à lui. Conserver de la rancœur, c’est comme boire du poison et s’attendre à ce que quelqu’un d’autre devienne malade. Dans ce sens, le pardon renvoie aussi à la non-violence en ce qu’il reste incomplet s’il ne s’étend pas aussi bien à vous-même qu’à ceux qui vous entourent. 

 

Je Me trouve dans tous les cœurs.

Bhagavad Gita,15 

 

Pratiquer le pilier du pardon peut ressembler à :

  1. Utiliser l’auto-analyse pour trouver le pardon dans votre cœur
  2. Reconnaître et assumer la responsabilité de vos erreurs
  3. Vous offrir le pardon à vous-même aussi bien qu’aux autres pour toute faute commise

 

Vénération du Guru

Le terme de guru inclut les parents, les enseignants, les guides, les aînés, et tous ceux qui nous apprennent quelque chose, aussi petit que cela puisse être. Cependant, une vénération particulière est réservée au Maître spirituel qui devrait être vénéré sur un pied d’égalité avec Dieu. Étant donné que le guru révèle Dieu au disciple, faire du respect, du service et de la vénération pour Lui une partie de votre manière de vivre est crucial pour développer et grandir dans votre relation avec le Divin. 

 

Les véritables bhaktas savent ce qu’est le véritable Amour car ils ont goûté au nectar du Seigneur Lui-même par la grâce du guru.  

Paramahamsa Vishwananda

 

Pratiquer la vénération du guru pourrait ressembler à cela :

  1. Suivre les enseignements du Maître spirituel
  2. pratiquer la guru-puja régulièrement
  3. Saisir toutes les opportunités de servir le Maître spirituel

 

Tout mettre ensemble

Quelle que soit votre voie spirituelle ou tradition, ces principes vous enseignent à vivre d’une manière qui bénéficie au monde. Cela vous aide à vivre la meilleure des vies possibles et à trouver le meilleur de la vie. Je sais que cela fait beaucoup de penser à tout cela et d’essayer de le mettre en pratique, c’est pourquoi il est important de se rappeler que vous pouvez cultiver ce mode de vie petit à petit. 

Il n’y a aucune pression à devoir être parfait dès aujourd’hui ni même demain. Vous pouvez commencer par choisir un pilier sur lequel vous focaliser et en faire votre but lors de votre auto-analyse et développer les choses à partir de là. 

Avec de la pratique, de l’auto-discipline, et la grâce, vous pouvez développer toutes ces qualités dans votre vie quotidienne si tel est votre choix.